Les maisons iceberg londoniennes

La nouvelle lubie des riches londoniens

Toujours en quête d’espace supplémentaire, les nouveaux riches londoniens se heurtent aux réglementations quant à l’agrandissement de leur maison. Plutôt que de surélever ou de construire une extension, ces propriétaires ont trouvé une nouvelle méthode pour s’étendre sans être soumis aux limitations de la réglementation : construire en profondeur.

L’origine de cette tendance remonte à la fin des années 1990 quand il s’agissait d’éviter de déménager en agrandissant sa maison d’une petite pièce sous le niveau de la rue. Ce sont aujourd’hui des niveaux entiers de la taille de la parcelle qui se creusent sous terre.

Ces maisons étant d’une taille déjà raisonnable, même pour des millionnaires, on peut se demander ce qui s’y cache. En fait, rien d’essentiel : une piscine, un dressing d’été, un autre d’hiver, une discothèque ou encore un bowling. Que le propriétaire aime le golf ou le basket, toutes ses lubies peuvent prendre place en sous-sol.

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Creusés à une quinzaine de mètres sous terre, les niveaux les plus bas ne bénéficient ni de lumière naturelle, ni de renouvellement d’air. La sensation de claustrophobie est contrée par des hauteurs sous plafond démesurées et des écrans sur les murs projetant des paysages imaginaires. Véritable microcosme de luxe et de loisirs, on ne parle plus de “sous-sol” tant le confort est maîtrisé. Tout ce qui est nécessaire au divertissement des habitants s’y trouve et ils n’ont même plus l’utilité de sortir de chez eux pour satisfaire leurs envies de se distraire. Si l’on examinait un plan de sous-sol du quartier de Kensington, on pourrait voir plusieurs piscines et cinémas privés juxtaposés à quelques mètres d’intervalle. Londres contient la plus grande concentration de milliardaires au monde. Cette « mode » est de leur fait.

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Une tendance qui engendre des conflits

En 2013, la mairie de Kensington a reçu 450 demandes de permis de construction en sous-sol sur plusieurs niveaux. Cette tendance qui ne cesse de croître entraîne de nombreux désagréments imprévus. Les propriétaires subissent rarement les désagréments des travaux car il ne s’agit pour eux que de résidences secondaires. En revanche, vu le grand nombre de projets en cours, le quartier s’est transformé en véritable chantier, envahi par la poussière et le bruit. Les habitants se plaignent des allers-retours incessants des camions évacuant la terre extraite pour les travaux. Certaines plaintes aboutissent en interdisant des projets, engendrant des rancunes. Dans ce quartier chic, une propriétaire suisse avait pour projet de démolir sa maison pour la remplacer par une maison iceberg avec plusieurs niveaux en sous-sol. Ses voisins ont réussi à faire interdire le projet. Pour riposter et par provocation, le propriétaire a peint sa façade de rayures rouges, ce qui n’a pas manqué de susciter la colère du voisinage.

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Au delà de la nuisance des chantiers, le creusement en sous-sol pose de véritables questions structurelles. Ces aires de loisirs souterraines dépassent souvent les limites de la parcelle pour s’étendre sous la rue ou bien chez le voisin. Des fissures apparaissent et des conduits d’évacuation d’eau usée s’effondrent. En outre, ces constructions faramineuses fragilisent directement les structures et les fondations des bâtiments adjacents.
Depuis 2014, les maisons iceberg sont interdites dans le quartier de Kensington et Chelsea, limitant l’agrandissement souterrain à un seul niveau. En attendant que les autres quartiers londoniens adoptent la même législation, ces constructions en sous-sol se poursuivent, attisées par la spéculation sur des prix de l’immobilier déjà exorbitants.
Bien qu’étant une alternative à la démarche BIMBY (Built in my backyard : construire dans mon jardin) qui vise à densifier à la ville en construisant des propriétés en fond de parcelle d’une maison existante, les maisons icebergs disproportionnées et réservées à une population privilégiée ne répondent pas aux enjeux écologiques. Pour répondre à une démarche de développement durable, ce type de constructions souterraines devraient être envisagées dans une tout autre perspective.

Références

Sites internet :

http://immobilier.lefigaro.fr/article/les-maisons-iceberg-se-multiplient-a-londres_0de94854-c674-11e4-884d-ac5196e6d394/

http://www.dailymail.co.uk/news/article-2243777/Iceberg-homes-Thats-todays-billionaires-building–underground-discos-dog-spas-waterfalls–driving-neighbours-crazy.html
Vidéo :

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