Une façade vivante

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Dans une région comme l’Ile de France, où les projets de constructions sont toujours plus nombreux, il est difficile de trouver encore quelques espaces verts. Ayant cette qualité de rendre un environnement plus attrayant et vivant, la végétation permet aussi de réduire la pollution. Alors si l’on s’en débarrasse, que vont devenir nos grandes villes ?

 Le 18ème arrondissement de Paris, par exemple, ne présente que 3% d’espaces verts et pour cause, c’est l’arrondissement le plus dense en population de la capitale.

Pour parer cette fatalité, les architectes ont créés une sorte de systématisme de la verdure, elle y est toujours plus présente dans les projets. Dans le cadre de l’appel à projets « Réinventer Paris » en 2015, il n’y a pas une image sans arbre. Et pourtant, une fois les projets réalisés, la végétation a disparu ou presque …

 Alors, comment mieux intégrer la végétation dans les projets d’architecture pour qu’elle y vive/survive ? Faut-il revoir la réglementation à ce sujet ?

 

L’agence Chartier-Dalix, soucieux de cette problématique, s’est penchée sur le sujet.

A l’occasion de l’appel à projets « Réinventer Paris », l’agence d’architecture Chartier-Dalix propose un projet expérimental qui pourrait se décliner sur plusieurs sites. Sur les bases du même calcul que le COS (Coefficient d’Occupation des Sols), l’agence propose de calculer la densité de la biodiversité sur une parcelle : le rapport entre la surface végétalisée et la surface de la parcelle (1 étant 100% de la parcelle végétalisée). Ce calcul prendrait en compte tous types de surfaces « végétalisables » (murs, toits, terrasses, …) ce qui permettrait de complètement repenser la manière de placer les espaces verts dans un projet.

Ce « Coefficient d’Occupation de la Biodiversité » (COB) serait différent pour chaque commune et pourrait ainsi rendre plus vert des villes carencées en espaces verts.

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Le projet de cette nouvelle règlementation établi, l’agence d’architecture s’est mis en quête de trouver des solutions pour faciliter la mise en place de cette norme. Elle s’est notamment intéressée à la végétalisation des murs.

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Cette expérimentation a vu le jour sur le projet d’un groupe scolaire à Boulogne-Billancourt en 2014.

Dans ce projet, l’intégralité de la parcelle doit être bâti, il faut alors solutionner la problématique des espaces verts et leur trouver une place ailleurs.

Leur idée est de créer un jardin sur le haut du projet, accessible depuis tous les niveaux, mais surtout, l’idée novatrice est d’utiliser les façades comme support vivant pour la biodiversité. Cela a permis de démultiplier la superficie réservée à la végétation.

 

L’agence et le bureau d’étude en écologie de la Biodiversita ont conçu un mur de blocs de béton « colonisable » par la faune et la flore. Une sorte de mur habité comme l’écorce d’un arbre, une surface d’échange avec l’extérieur. Ces blocs préfabriqués s’empilent en quinconce et ont la particularité de chacun avoir une forme et un usage prédéfini.

C’est en étudiant les différentes espèces animales et végétales qu’ils ont déterminés de quels types de blocs ils avaient besoin.

Certains comportent un nichoir, d’autres une jardinière, de forme variable selon le type d’espèce. Certains sont destinés à servir d’acrotères, et d’autres sont de formes arrondies pour les angles du bâtiment.

Leur matière aussi est différente sur chaque face : l’une poli et lisse pour réfléchir la lumière, les autres sont sablés pour créer de la rugosité et favoriser l’accroche de la végétation.

 

Les cannelures sur les faces supérieures et latérales des blocs, permettent le ruissellement de l’eau et irriguent la flore tout au long de sa course sur la façade. Le principe est de recréer les conditions de colonisation que pourrait avoir au bout d’un certain temps, le vieux mur d’une maison.

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L’empilement des blocs de béton respectent aussi une inclinaison qui permet de varier la profondeur de la façade afin d’accueillir une faune et une flore différentes et maximiser les possibilités.

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L’exposition au soleil de la façade permet aussi plusieurs déclinaisons, certaines plantes ne vivant qu’à la lumière et d’autres à l’ombre, la façade n’est jamais la même et toujours changeante au gré des saisons.

 

 

 

 

Une façade intelligente et très complète car utile et esthétique, voilà le pari de l’agence d’architecture Chartier-Dalix. Utile pour nos villes mais aussi pour les animaux et végétaux, qui pourront y trouver refuge. Elle sert de véritable lieux d’échange pour la biodiversité mais est également très pédagogique sur le plan de l’environnement et quoi de mieux qu’elle soit la façade d’une école.

Alors que l’univers du bâtiment est souvent opposé à celui de la végétation, les architectes ont su coupler ses deux domaines et le mettre à profit dans leurs projets. Grâce à certains d’entre eux, les villes denses continues d’offrir une bonne qualité de vie.

 

 

Bibliographie

  • Sites internet

http://www.chartier-dalix.com/2018/01/10/un-mur-habite-pour-le-groupe-scolaire-de-la-biodiversite/?preview=true

  • Articles Web

http://www.ileseguin-rivesdeseine.fr/fr/actualite/le-groupe-scolaire-des-sciences-et-de-la-biodiversite-une-ecole-verte-au-coeur-du-trapeze

  • Vidéos documentaires

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