Les cases à impluvium de la Casamance

Quand l’architecture prend en compte les réalités socio – géographiques

Dans le Sud du Sénégal se trouve une région naturelle, la Casamance ; région africaine considérée comme l’un des “berceaux primaires” de la riziculture où se sont développées des formes d’habitats remarquables. Dans toute cette zone, les grandes maisons en banco, aux charpentes solides et élaborées, aux plans variés traduisent une grande maîtrise de techniques architecturales perfectionnées. Cette dernière s’est développée en fonction des besoins de l’homme. Notre article a pour but de recenser les richesses culturelles au sein de la Casamance en nous intéressant particulièrement à son architecture, la typologie de ses constructions et de ses modes de vie.

Les caractéristiques de la case à impluvium Casamançaise

Au sein de la Casamance, nous trouvons une typologie de constructions qui est propre à cette région ; leur particularité est traduite dans la recherche de conservation, d’unité sociale, de confort ainsi que de durabilité.

Les cases à impluvium sont rondes, spacieuses et de plan complexe surmontées de toits de chaume en pente douce ; les cases à impluvium sont propres à la Casamance et appelées « maison diola ». Cette dernière est avant tout une ferme qui a pour fonction d’abriter la famille (environ une dizaine de personnes), le grenier à riz et le troupeau.

L’utilisation de la méthode traditionnelle de construction a permis non seulement la conservation du patrimoine ainsi que l’entraide sociale. En effet la construction de ces maisons à impluvium est faite comme suit : les murs sont construits par assises de terre horizontales, à partir de boules de terres qui sont écrasées à la main avec de la bouse de vache ou de paille pour servir de liant. Le plan de la maison est dessiné à même le sol après le débroussaillement et nivellement du terrain. Toutes les assises mesurent environ au moins 60 centimètres de haut et doivent sécher au minimum deux à quatre jours avant de pouvoir supporter les assises suivantes. Les linteaux et les poutres sont faits de rônier, arbre très présent dans la région. Les fenêtres, qui sont de petites dimensions, sont taillées dans les murs avant qu’elles n’aient séchées.

Lorsque les murs ont atteint la hauteur souhaitée, sur les poutres du plafond vont s’appuyer un lattis de branche de palétuviers fendus, parfois de nervures de palmiers, recouvert ensuite de terre pour isoler la case dans le but d’augmenter son inertie thermique et de limiter les risques d’incendies au niveau des greniers. La terrasse et les petites fenêtres assurent à la maison une très bonne circulation de l’air et une fraîcheur renforcée par l’utilisation de la terre pour les murs. Pour multiplier les pièces du fait de l’agrandissement de la famille, la maison est parfois dédoublée par la création d’un second impluvium jumelé au premier. En tant que membres de sociétés agraires, les habitants sont à l’origine de cette architecture unique. On observe donc un travail à la chaîne et une entente entre les constructeurs de telle sorte que ces derniers peuvent amener à terme plusieurs maisons. La construction en commun permet à tous les membres du village de dialoguer et de vivre dans une bonne entente.

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La case a impluvium est un type d’habitat pratique et magique dont la porte en fromager, taillée d’une seule pièce dans les contreforts de l’arbre, annonce l’arrivée d’un hôte ; une case est généralement composée de chambres, d’une salle commune que l’on peut considérer comme un salon, et d’une grande terrasse couverte entourant parfois l’intégralité de la maison. En ce qui concerne le confort, la case à impluvium permet une bonne aération et l’accès de la lumière du jour à tous les locaux. La case à impluvium étant faite de matériaux naturels, le sol est appelé à durer très longtemps. Son caractère de durabilité est très apprécié de son propriétaire car le renouvellement de la construction ne se fait pas de sitôt et permet d’économiser et labeur, et matériau, et dépenses. En outre, la case à impluvium ayant un patio, elle permet à ses habitants de recueillir l’eau de pluie dans un bassin, eau qui pourra être utilisée plus tard pour le ménage, pour les animaux et pour les travaux maraîchers.

Dans un pays où la pluie tombe sans cesse pendant au moins six mois dans l’année, il est très utile de conserver les cases à impluvium car elles permettent de s’activer à l’intérieur : c’est une forme d’adaptation architecturale des habitants du pays face aux intempéries. D’autre soutiennent que le terroir diola a longtemps été et jusqu’à très récemment, une région d’affrontements permanents entre les villages ennemis et contre les envahisseurs. Donc dans le but de pouvoir défendre leur habitation contre les attaques et pour pouvoir tenir un siège, l’impluvium était nécessaire. Plus qu’un réceptacle à pluie, il était beaucoup plus simplement destiné à offrir une cour intérieure protégée des flèches pour ensuite se préserver des déluges hivernaux et du soleil brûlant.

Cuisine, aire de jeux protégée pour les enfants, enclos pour les petits animaux domestiques ; lieu de repos et de palabre, cette aire centrale sous l’impluvium est encore aujourd’hui multifonctionnelle. Le bassin intérieur lui, comme pour confirmer que la motivation pratique de l’impluvium n’était pas le stockage de l’eau, est équipé d’une évacuation qui permet de vider son trop plein vers l’extérieur.

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Actuellement, le concept d’impluvium tend à disparaître. Des vestiges de systèmes de récupération en aval des toitures ont été mis en évidence pour capter l’eau de pluie et la stocker selon une pratique ancestrale développée par de nombreuses civilisations. Ainsi, dans les maisons romaines antiques, le centre de la pièce principale était occupé par un bassin carré appelé l’impluvium qui recueillait les eaux de pluie. Il faut rappeler que l’impluvium ne servait pas seulement au stockage de l’eau. Il avait d’autres caractéristiques très importantes permettant aux gens, surtout aux habitants des zones tempérées d’avoir des espaces rafraichissants et des zones d’ombres au sein de la concession leurs permettant de jouir d’un confort idéal.

 

Bibliographie

41F5HYZW0JL  Histoire de la Casamance , Christian Roche, 1 janvier 1985.

  • Articles Web

https://autrecarnetdejimidi.wordpress.com/2015/05/08/case-a-impluvium-casamance-senegal/

http://paysdelaterenga.over-blog.com/2014/04/les-cases-a-impluvium.html

https://maison-monde.com/cases-a-impluvium-de-casamance/

http://foutiololo.canalblog.com/

  • Vidéos documentaires

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