ARCHIGRAM

« À présent, le corps est l’élément de référence plus que l’objet construit »« À présent, le corps est l’élément de référence plus que l’objet construit »Peter Cook.

Vivre dans un Zeppelin ou dans une gigantesque machine qui se déplacerait autour du globe, tels étaient les projets utopistes, optimistes et ludiques de l’architecture nomade d’Archigram. Mouvement de pensée anglaise des années 1960 à 1974, Archigram est une architecture purement théorique et qui se traduit par la parution d’une revue d’architecture. Le groupe qui anime ce mouvement se compose d’architectes tels que  Peter Cook (1936), Ron Herron (1930 – 1994), David Greene (1937), Warren Chalk (1927-1988), Dennis Crompton (1935), Mick Webb (1937). Les projets de ces derniers, grandement influencés par le pop art qui s’approprie la culture populaire, les médias de masse, l’univers électronique et informatique, ainsi que la conquête spatiale, traitent d’un habitat jetable, ludique, consommable, éphémère, préfabriqué et évolutif. La ville combine des réseaux, câbles, structures gonflables, mobile homes, drive-in, informatique, robotique et reflètent la société de consommation hyper-technologique qui se développe. Le but des architectes d’Archigram n’était pas de réaliser mais de conceptualiser leurs idées folles et leur obsession pour la mobilité : maisons qui marchent sur des bras télescopiques, villes démontables, cinémas en plein air à partir d’un Zeppelin…
Au travers de projets comme « Living City », « Plug-in City», «Walking city» et «Blow-out Village», Archigram a développé toute une pensée utopiste sur les façons d’habiter la planète, ce qui par ailleurs a beaucoup inspiré  le mouvement high-tech, notamment le centre Pompidou (1977) de Piano et Rogers, ainsi que le travail de Norman Foster, Gianfranco Franchini, ou même encore aujourd’hui certaines réalisations de Future Systems.
Plug-in City:
Ce projet est une ville imaginaire, contenant des “Unités Mobiles d’Habitation” qui sont encastré dans une méga machine infrastructurelle. La Plug-in City n’est en effet pas une ville, mais une mégastructure en constante évolution qui intègre des résidences, des transports et des services qui sont tous déplaçables par d’immenses grues .
Walking City:
Walking City est une ville qui se présentent sous la forme de gigantesques machines vivantes, autonomes et mobiles. La forme, dérivée d’une combinaison d’insecte et de machine est une interprétation littérale de l’aphorisme de le Corbusier avec sa machine à habiter. Le citoyen est donc un nomade. Ces villes machines ont été imaginé par Archigram dans un contexte où le monde futur a été ruiné à la suite d’une guerre nucléaire.
Instant City:
Instant City est un événement technologique mobile se présentant sous la forme de zeppelin dérivant dans des villes sous-développées. Le zeppelin vient se pluger à la ville en l’activant ponctuellement, l’architecture disparaît, laissant place à l’image, à l’événement, à l’audiovisuel, aux gadgets et autres simulateurs environnementaux. La «Métropole itinérante» qui s’infiltre provisoirement dans une communauté, cette ville superpose, le temps d’un instant, de nouveaux espaces de communication à la ville existante. L’environnement audiovisuel imaginé s’associe à des objets mobiles pour créer une ville de consommation d’informations, destinée à une population en mouvement. Cette idée d’infiltration vise alors à être complémentaire, plutôt qu’étrangère, aux communautés qui sont visitées. Instant City est une ville instantanée qui arrive sur un site, crée un événement et ensuite disparaît, signifiant ainsi que l’architecture ne peut être réduite à la construction mais devenir action en temps réel. Le projet figure aussi comme l’une des premières architectures de réseau, 25 ans avant l’Internet. Il est aussi un scénario qui, une fois mis en acte, est soumis à une réécriture, celle de tous ses habitants qui vont l’animer. Instant City n’a donc aucune forme fixe, aucun préalable. Elle témoigne d’une représentation impossible, celle d’une ville qui n’a pas d’existence en soi, qui n’est qu’un incident dans le temps et dans l’espace. Dialectique entre permanent et transitoire, mobile et éphémère, Instant City incarne l’utopie d’une architecture libérée de tout ancrage, d’une ville volante et aérienne et transforme l’architecture en situation, en environnement réactif. L’architecture s’y donne à la fois comme objet de consommation et création d’un environnement artificiel.

Cinquante ans plus tard, le travail d’Archigram continue d’enchanter par sa vivacité graphique. Au-delà des apparences, l’idéologie revendique une architecture de réseaux où la mobilité des hommes, des choses et des objets construits, est presque absolue. Les apports d’Archigram sont multiples. Le mouvement a contribué à faire sortir l’architecture du cadre intellectuel strict dans lequel elle se trouvait. Avec beaucoup de liberté, ses acteurs ont réussi à renouveler de façon inédite les moyens de représentation, et à impliquer d’autres disciplines artistiques pour penser la ville autrment. L’architecture est devenue communicante et en accord avec les besoins de ses usagers. La transformation des câbles et les tuyaux en ornements met au goût du jour une esthétique de l’architecture qui intègre la technique. Mais ce concept novateur, poussé à son paroxysme dans les derniers projets, a rendu la ville difficilement habitable. C’est à ce moment que l’on peut observer le déclin d’Archigram.Cinquante ans plus tard, le travail d’Archigram continue d’enchanter par sa vivacité graphique. Au-delà des apparences, l’idéologie revendique une architecture de réseaux où la mobilité des hommes, des choses et des objets construits, est presque absolue. Les apports d’Archigram sont multiples. Le mouvement a contribué à faire sortir l’architecture du cadre intellectuel strict dans lequel elle se trouvait. Avec beaucoup de liberté, ses acteurs ont réussi à renouveler de façon inédite les moyens de représentation, et à impliquer d’autres disciplines artistiques pour penser la ville autrment. L’architecture est devenue communicante et en accord avec les besoins de ses usagers. La transformation des câbles et les tuyaux en ornements met au goût du jour une esthétique de l’architecture qui intègre la technique. Mais ce concept novateur, poussé à son paroxysme dans les derniers projets, a rendu la ville difficilement habitable. C’est à ce moment que l’on peut observer le déclin d’Archigram.Intégrées à notre architecture contemporaine, ces visions avant-gardistes posent souvent question en raison de problématiques sociales et environnementales.
La mobilité est une problématique de notre époque, mais le temps où l’on imaginait l’infrastructure comme seule événement qui révolutionnerai notre façon de se déplacer devient de plus en plus obsolète. En effet la réelle révolution est dans les réseaux sociaux, les flux, les datas, les moyens de nous informer, ce sont toutes ces données immatérielles qui prennent le pas sur la mobilité physique. C’est la où Archigram étaient visionnaire, car dans leurs projets utopistes ils intégraient déjà, par l’infrastructure, la source immatérielle qui anime notre époque.

Bibliographie

  • Sites internet

http://www.archigram.net

  • Ouvrage

Archigram, monographie, 1994, Centre Georges Pompidou

  • Vidéos documentaires

http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu05346/une-nouvelle-pensee-de-l-urbanisme-archigram.html

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