FIGUIG

«Pour distinguer les qualités des autres, je dois partir d’une«Pour distinguer les qualités des autres, je dois partir d’unepremière ville qui reste implicite.»Italo Calvino, Les villes invisibles

Figuig, est une ville situé а l’extreme-est du Maroc, а la jonction entre les hauts plateaux et le nord du Sahara marocain.
Figuig ne peut être saisie par l’urbanisme trop abstrait, trop mathématiques ou trop réglementaire des penseurs des villes occidentales.La ville demande qu’on la rêve, pour entrevoir les rapports qui la lie а son milieu, à la terre dont elle émerge et aux hommes qui y vivent.
Situé au coeur d’une oasis dans le désert du Sahara, Figuig fut construite dans une négociation permanente entre l’homme et son environement. En effet l’agriculture et la terre ont été les seuls éléments accessible afin de créer un écosystème qui puisse fonder la ville. C’est en travaillant la terre que l’homme a rendu le sol à la fois cultivable mais également utilisable comme matière première dans la construction. La maison et le sol sont consubstantiels. Si le plancher de la maison est bas, c’est parce qu’on a monté les murs avec, et le toit. La ville est géologique, géomorphique. Elle s’érige de ses sédiments, et les resédimentent, génération aprés génération. Le tissu se régénére sur lui-même. La parcelle attribué au propriétaire définit le stock de terre qui lui revient afin de bâtir sa propre maison. Ce sol lа ne s’étend pas indéfiniment. Ses limites sont celles de la ville. Au-delа c’est le sable à perte de vue, avec lequel on ne peut rien bâtir.La ressource en eau est stable, mais elle aussi est limitée, tout comme les palmiers qui poussent sur tant d’hectares de jardins, pas plus.La terre crue ne porte les murs que jusqu’а une altitude limitée. Tant d’adobes sont empilés et porte les toits, pas plus. Le site limite la ville. Suffisamment de ville pour l’ombre et la fraicheur. Le nombres d’habitants est également limité, dans un maximum, quelques milliers d’habitants, mais aussi dans un minimum, sinon la ville meurt.Comme le sont les habitants pour la ville, le palmier seul n’est rien tandis qu’un ensemble de palmiers, outre le fait de protéger la ville du son environnement qu’est le désert, permet de faire suffisament d’ombre pour faire pousser un grenadier, un figuier ou bien un olivier. La maison, elle aussi, n’est habitable que si elle s’inscrit dans un ensemble, afin que les murs ne soit pas brulé par le soleil.L’ensemble de la ville forme une épaisse galette uniforme, de la même couleur que le sol.Il n’y a n’y architecte n’y urbaniste à Figuig, la maison est placé et dessiné par la communauté.Les rues sont trés étroites et abritées du soleil,. Parfois la rue s’évase et l’on peut y trouver une échoppe, cette dilatation de l’espace communautaire est directement grignotté dans le tissu, son propriétaire doit en retour payer une taxe en espace.L’adobe, la toub, c’est la mesure de terre que le potier peut tenir entre ses deux mains. La solive du palmier porte sur la longueur d’une travée, deux mètres cinquante. La maison fera trois, quatre ou cinq travées selon que la famille est plus ou moins nombreuse. Les travées de la Mosquée suivent elles aussi cet étalon de la solive de palmier. C’est la trame de la ville.

Figuig04

CODE D’URBANISMECODE D’URBANISMEFIGUIGUIEN

-Art.1 La construction d’une nouvelle maisondoit dépendre directement de la décision au préalablede la djemââ (assemblée des chefs de familles) du ksar.

Art.2 Si une terrasse ne peut évacuer l’eau depluie directement dans la rue, les maisons voisinesleur doivent cette servitude.

Art.3 Lorsqu’une maison est rebâtie, le propriétairequi cède une partie de son terrain à l’espacepublic gagnera un droit d’ouverture supplémentairesur cette rue.
On pourrait croire que Figuig est une addition d’éléments assemblés selon une seule est même logique et que ça s’arrête là, mais la réalité est toute autre car elle s’inscrit dans un site avec lequel elle négocie et qui selon le soleil, les vents et les pluies, les assaillants et les défenseurs, les éminences et les dépressions vient donner une diversité infini de plans et de situations.Cette description de Figuig rend compte des codes qui lui sont imposés par sa situation géographique et des éléments fonctionnels qui la fabrique. Mais l’on ne peut s’arréter la pour la comprendre.Ce qui rend cette architecture vernaculaire fascinante c’est toute sa dimension culturelle et anthropologique..

La ville est générée sur son site et par son site. Sa géologie, son climat, les matériaux disponibles induisent le vocabulaire d’une architecture dont la grammaire est constituée par les principes édictés plus haut.Dés les débuts, le désert a dicté sa loi au Figuiguiens. Des règles simples mais intransigeantes, mélange de bon sens et de nécessité, d’invention et d’improvisation. L’oasis fût la récompense de leur obédience. Ceinture protectrice elle autorise la vie au milieu des sables. Elle est toute la possession de l’homme, qui n’est que l’invité de la communauté dans la ville. Mais son jardin est son royaume. Ce rempart qui enchasse les habitations est la condition sine qua non de la survie, celle aussi du bien-vivre.

Bibliographie

  • Ouvrage

Architecture whithout architects, Bernard Rudosky 1964

Cet ouvrage démontre la richesse artistique, fonctionnelle et culturelle de l’architecture vernaculaire .

  • Articles Web

http://www.oriental-culture.com/?lang=fr&Id=25&Ref=214&RefCat=68

  • Vidéos documentaires

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