Gando village – Burkina Faso

Ouagadougou, capitale d’un des pays les plus pauvres au monde, le Burkina Faso. La ville accueille plus de 3 millions de personnes. Le tissu urbain est divisé en deux parties, formelle et informelle. Ce phénomène est du aux vivent qui vivent à la campagne et cherchent une vie meilleure en s’installant dans la capitale. Ils construisent leurs maisons par la suite, et créent leur propre travail en ouvrant des commerces, logements et travails illégals et informels. Face à ce phénomène grandissant, le gouvernement intervient en détruisant la structure, et construit des immeubles de logements. Un système de ventilation et de l’entretien sont donc requis, une infrastructure qui est au dessus des moyens du pays. A t-on besoin d’une architecture ‘’ moderne ‘’ dans ce type de tissu ? A t-on besoin de grandes infrastructures ou d’immeubles pour sortir de l’informel ?

Francis Kéré, architecte Burkinabé, né en 1965 à Gando, a réussi à répondre à ces questions avec sa communauté.  » Quand j’étais enfant, j’ai du parcourir près de 40 kilomètres jusqu’au village à coté pour fréquenter une école mal éclairée et mal ventilée ‘’ Francis Kéré. Dans son village, il n’y a pas d’électricité, pas d’accès à l’eau, et pas d’école. Pour cette raison, il a du quitter sa famille et a commencé ses études à Ouagadougou. Après sa scolarité, il devient charpentier. Puis, il part en Allemagne avec une bourse pour faire un stage. Au cours de ses études d’architecture à Berlin, il se demande comment il pourrait offrir de meilleures opportunités aux enfants de Gando. Il essaye donc de récolter de l’argent, en vendant ses dessins, en parlant de son futur projet. En 1998, il réussie à créer l’association Schulbausteine für Gando ( Des briques pour l’école de Gando ). En effet, Francis Kéré, a réussi à récolter plus de 50 000 dollars. Il revient à son village et présente le projet aux habitants de Gando, une école primaire. Son peuple est deçu à l’idée d’utiliser de l’argile puisqu’un bâtiment en argile n’est pas capable de tenir une vraie saison à cause de la saison pluvieuse. Il a donc du les convaincre, en expliquant le processus du projet, et en impliquant les habitants dans la construction du batiment.

Ecole primaire :

L’argile est abondamment disponible dans la région et est traditionnellement utilisée dans la construction de logements. Les techniques traditionnelles de construction d’argile utilisées par les habitants, ont été modifiées et modernisées par Francis Kéré afin de créer une construction structurellement plus robuste sous la forme de briques. Les briques d’argile ont l’avantage supplémentaire d’être bon marché, faciles à produire, et fournissent également la protection thermique contre le climat chaud. Malgré leur durabilité, cependant, les murs doivent toujours être protégés contre les pluies dommageables. Beaucoup de maisons au Burkina Faso ont des toits en tôle ondulée qui absorbent la chaleur du soleil, rendant l’espace de vie intérieur intolérablement chaud. Cependant, pour l’école primaire, Kéré utilise le toit en tôle ondulé qui est supporté par une structure d’acier qui le met à distance du corps du batiment, et crée une ouverture pour la ventilation. Le plafond de l’école est constitué de poutres de ciment sur lesquelles s’appuient une structure en acier qui soutiennent une couverture de blocs de terre comprimé. L’empreinte écologique de l’école est considérablement réduite en réduisant le besoin de climatisation.Gando-Primary-school_01

Bien que les plans pour l’école primaire aient été dessinés par Kéré, le succès du projet peut être attribué à la participation étroite des villageois locaux. Traditionnellement, les membres d’une communauté villageoise entière travaillent ensemble pour construire et réparer des maisons dans les zones rurales du Burkina Faso. Conformément à cette pratique culturelle, des techniques de basse technologie et durables ont été développées et améliorées afin que les villageois de Gando puissent participer au processus. Les enfants ont ramassé des pierres pour la fondation de l’école et les femmes ont apporté de l’eau pour la fabrication de briques. De cette manière, les techniques de construction traditionnelles ont été utilisées parallèlement aux méthodes d’ingénierie modernes afin de produire la meilleure solution de construction de qualité tout en simplifiant la construction et l’entretien pour les travailleurs.

Deux ans après la fin de l’école primaire, plus de 260 enfants de Gando et de la région environnante ont demandé à fréquenter l’école. Il est vite devenu évident qu’une extension était absolument nécessaire pour répondre aux besoins éducatifs de ces étudiants. Avec le soutien massif des villages environnants, cette extension d’école a été construite en utilisant la main-d’œuvre et les matériaux locaux.

Comme l’école primaire a été construite en étroite collaboration avec les membres de la communauté Gando, le bâtiment est devenu un repère important dans la région. Puisque la qualité matérielle et l’expression architecturale du bâtiment sont devenues un symbole fort pour la communauté de Gando, la nouvelle extension a été conçue avec les mêmes principes et méthodes. L’extension de l’école a également été construite avec des blocs de terre stabilisés à la main. Cependant contrairement à l’école primaire le plafond de l’extension a été conçu comme une voûte singulière. ‘’ Comment expliquer le dessin et l’ingénierie aux gens qui ne savent pas lire et écrire. L’innovation était de construire une voute en argile. Pour faire comprendre à ma communauté que ca marche structurellement, j’ai du sauté sur la voute. Donc nous pouvions commencer à construire ‘’ ( Francis Kéré ) . La voûte monumentale a été construite avec des lacunes dans le tissage du motif de brique du plafond, pour créer des ouvertures entre les poutres. Cette surface «respirante» attire l’air frais des fenêtres vers l’espace intérieur et permet à l’air chaud de s’échapper à travers les ventilations, tout en restant protégé des pluies dommageables par le toit en saillie.

L’intervention double ainsi la capacité de l’école primaire, qui peut accueillir maintenant jusqu’à 700 élèves. Mais la situation du logement des enseignants à la campagne est un défi important pour l’ensemble du pays. Les enseignants refusent souvent de quitter les villes pour la campagne, car les logements sont basiques et rares. Les longs trajets et les mauvaises routes peuvent retarder les enseignants et entraver l’éducation des élèves.

Logements pour enseignants

Pour résoudre ce problème, des logements d’enseignants ont été construits dans les locaux de l’école en 2003. Le premier objectif du projet de logement des enseignants était de développer un concept de logement écologique et durable, adapté aux besoins humains et financiers. Les maisons devaient offrir un confort raisonnable pour attirer les enseignants et leur offrir un environnement de travail agréable.

kere-architecture-gando-library

Les maisons ont été réalisées sous la forme d’une série de modules adaptables, chacun de taille comparable aux huttes rondes traditionnelles typiquement trouvées dans cette région. Les modules simples peuvent être combinés de diverses manières en un ensemble composite plus grand. La simplicité de la conception et l’utilisation minimale des matériaux achetés signifie que cette technique peut facilement être adopté par les villageois. Les six maisons pour les enseignants et leurs familles sont disposées dans un large arc au sud du complexe scolaire. Cette disposition curviligne est non seulement unique, mais rappelle également un composé traditionnel burkinabé. Les plafonds sont des voûtes en berceau construites à partir de blocs de terre stabilisés. Cette méthode de construction, jusqu’alors inconnue dans cette région, exploite les ressources locales et est efficace sur le plan climatique.

Le toit est une couche de béton armé coulée sur place dans un coffrage permanent de blocs de terre stabilisés compressés (CSEB). Les hauteurs alternées du toit introduisent une ouverture en forme de croissant entre les chevauchements, servant de moyen pour ventiler l’intérieur et fournir la lumière du jour. Le point culminant du travail de construction est le tassement du plancher d’argile pour créer une surface lisse et homogène. Comme les précédentes réalisations, l’implication enthousiaste des habitants de Gando a été la clé du succès de ce projet. Les villageois ont non seulement acquis de nouvelles compétences, mais également un sens des responsabilités, de la sensibilité aux aspects traditionnels et innovants du bâtiment.

Francis Kéré a continué d’utiliser ces techniques avec l’aide de sa communauté pour construire d’autres projets par la suite, tel que la bibliothèque de Gando. L’architecte utilise ici des pots en terre cuite traditionnellement construits à la main par les femmes du village,et puis sciés en deux et coulés dans le plafond.

D’après Francis Kéré, le projet de Gando a toujours été pensé dans le but de former les habitants du village, et donc, à terme, de pérenniser ce travail. Actuellement, les villageois utilisent leurs compétences acquises localement pour gagner de l’argent, et ne sont donc plus contraints de se déplacer en ville ou à l’étranger pour travailler.

‘’ L’architecture peut inspirer les communautés à façonner leur propre avenir ‘’ Francis Kéré

Nader Khalili dont nous avons précédement évoqué le travail et Francis Kéré revisitent donc des techniques et matériaux utilisés dans la construction de l’habitat vernaculaire ; ils s’inscrivent dans un circuit court, en refusant de plaquer des éléments hors contexte dans des zones qui présentent déjà des ressources variées.

Bibliographie

  • Sites internet

– TED : Diébédo Francis Kéré: How to build with clay… and community

– Harvard GSD : «Bridging the Gap,» Francis Kere

http://www.kere-architecture.com

http://www.akdn.org/architecture/project/primary-school

 

  • Vidéo

 

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