Manuel Dominguez-Very large structure

Pourrions nous imaginer dans un futur proche des plates-formes géantes montées sur chenilles, telles des arches de Noé modernes, autosuffisantes parcourant la planète.

Le projet présenté relève d’une utopie d’un architecte espagnol qui imagine une ville mobile digne d’un roman de science-fiction. Présentée pour sa thèse en 2012 l’ innovation concluait dix ans de réflexion. L’architecte anticipe dans sa réflexion les bouleversements futurs en permettant aux habitants de se déplacer en fonction du climat, des ressources, des guerres ou des épidémies. Manuel Dominguez répond à cette problématique en proposant une ville construite sur une plateforme roulante. Le principe est simple : la structure mobile permet de ne pas avoir à déménager de notre logement, la ville nomade emporte tous vos voisins, votre travail, vos commerces et les équipement publics. Tout ces éléments qui constituent la ville se retrouvent en total mobilité constante. Ce serait en quelque sorte semblable à une grande métropole par la présence de magasins, barres de logements, structure de production d’énergie et bâtiments industriels.

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La cité nomade avait déjà inspiré des utopistes des années 1960, comme la « walking city », de l’architecte anglais Ron Herron, une ville-scarabée sur huit pattes terminées par des roues, ayant pour vocation de faire voyager les travailleurs itinérants. La principale préoccupation de ce  groupe était de refléter dans l’architecture les changements radicaux des années 60.

La ville rêvée de Manuel Dominguez est une utopie en mouvement. La plateforme conçue par l’architecte a la taille d’une dizaine de terrains de football elle peut accueillir 4 000 personnes ; elle est capable d’avancer à une vitesse de 2 kilomètres/heure. Ce vaisseau géant, selon l’architecte barcelonais, pourrait être une république indépendante, avec ses propres lois et sa propre organisation sociale. L’image donnée par cette structure futuriste mêle les caractéristiques d’une usine et d’un cargo terrestre.

L’idée étant de faire une ville totalement autonome, qui produit sa propre énergie au moyen de capteurs solaires notamment pour faire avancer et qui récupère l’eau de pluie. Le projet se veut êtres éco-responsable : en suivant les saisons, la ville mobile pourrait aisément réduire sa consommation d’énergie en migrant vers le sud au moment de l’hiver. Ainsi, la ville est pensée au plus proche des ressources naturelles dont elle a besoin et on peut imaginer que les habitants pourront choisir sous quelle latitude s’établir afin de profiter du climat qu’ils souhaitent en fonction des saisons. Les propriétés mécaniques retenues par l’architecte pour faire avancer cette méga structure de 300 000 tonnes est rendu possible par un système de chenilles inspirées par les véhicules de transport de la Nasa. Quant aux habitants, ils pourraient voyager à l’extérieur grâce à des zeppelins, ces grands dirigeables aérodynamiques.

Cependant, Dominguez a également estimé qu’il était important que son design soit théoriquement réalisable, c’est pourquoi il s’est tourné vers le monde de l’ingénierie lourde pour inspirer le cadre en acier colossal est les chenilles de la structure. L’architecte admet que l’impulsion pour concevoir ce projet, est venue d’un désir de se démarquer de ses pairs, »sachant que toutes les thèses finales sont utopiques, j’ai décidé d’en faire une utopique pour de vrai » déclare-t-il

« Very Large Structure » est un rêve concret, puisque les technologies nécessaires existent déjà. Et le projet semble idéal pour s’adapter aux situations de catastrophes naturelles ou de changement climatique », relève Manuel Dominguez. Une ville complète, pour venir en aide aux territoires en crise sans épuiser leurs ressources, grâce à ses industries et plantations embarquées. « Cette plateforme peut aussi être imaginée nue pour ensuite être équipée selon des missions précises, comme une ville éphémère », ajoute-t-il.

Les scénarios à caractère apocalyptique n’ont fait qu’alimenter un désir profond chez certains architectes d’imaginer des villes nouvelles et des manières bien différentes de la pratique que nous en faisons à l’heure actuelle. Depuis les années 60 beaucoup se sont penchés sur ces questions et ont imaginé des structures pouvant répondre à des attentes particulières.

Nous prendrons comme exemple un architecte français Stéphane Malka. A la même manière que son confrère espagnol, il théorisa une cité nomade « green machine » comme une plateforme habitée. Mais cette structure est pensée pour une mission précise qui propose une façon reverdir le désert. Ce projet à été présenté à la Biennale de Venise, le projet destiné à avoir un impact direct sur la terre ou la machine est censée parcourir. « Ma machine permettra de ré-végétaliser un territoire, un peu comme après le passage d’animaux, mais de façon mécanique, affirme Stéphane Malka. Généraliser la lutte contre la désertification, en créant un lit végétal aux abords du désert, permettrait de rétablir un état climatique préindustriel. »

Lui aussi a opté pour le choix fondamental de traction avec de longues chenilles :« Les rails détermineraient un chemin déjà tracé, et les éléments à jambes sont trop fragiles », précise l’architecte. Un prototype tracté par quatre tanks doit être mis en service au Qatar dès 2017. « Le plus difficile est de synchroniser les machines et d’avoir une bonne stabilité d’ensemble », explique l’auteur du projet. Il imagine déjà une flotte d’une cinquantaine de villes à roulettes, moissonneuses habitées, travaillant en lisière du Sahara.

Même si de première apparence le projet semble purement utopique, l’architecte démontre que sa conception est théoriquement possible. « J’ai décidé de mettre au point un projet qui était de la science fiction tout en étant réalisable si quelqu’un osait le construire »a-t-il expliqué au site Gizmodo. «J’ai calculé un poids maximum de 400.000 tonnes pour la structure. Au-delà du coût de construction d’une telle ville, il faudra étudier le terrain sur lequel elle se déplace et s’assurer que le tout ne coule pas», a-t-il ajouté.

Ce type de projet pose la question de l’appartenance du territoire et des frontières qu’il procure. Il y a un rapport au territoire qui n’est pas du tout le même qu’à l’heure actuel. Tous les questionnements que peuvent avoir ces architectes utopiques face aux problèmes actuels, révèlent des préoccupations profondes quant aux déplacements, à l’autonomie d’énergie qu’elle procure et ainsi qu’au rôle de la ville. Certains architectes proposent d’investir le sous-sol, la mer, l’atmosphère. On aboutit alors à une architecture plus proche du rêve et de la poésie et à des villes de science-fiction.

Bibliographie

  • Livre
-Utopies et quotidien – 1966-2016, un demi-siècle d’architecture-Michel Pétuaud-Létang
-HABITER L’UTOPIE-Une journée nulle part, énoncé théorique – Zoloo Asgan

 

  • Vidéo

 

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