La conception urbaine durable: Freilager à Zurich

Sur le site d’un port franc suisse (« Un port franc est une zone franche -à l’origine portuaire, d’où son nom- non soumise au service des douanes, où sont implantées de véritables usines et dont les marchandises fabriquées sont toutes exportées. », Wikipédia), dans le quartier d’Albisrieden à Zurich, un nouveau quartier se construit depuis 2013: Freilager. C’est sur cette ancienne zone industrielle que la ville décide en 2008 de dessiner un nouveau quartier d’habitation pour la population zurichoise: au total, on compte un millier de logements crées dont 200 réservés pour des étudiants. L’envergure du projet pousse ses acteurs à réfléchir au quartier urbain comme un moteur de vie et d’activité pour la ville: c’est un « quartier ouvert sur la vie citadine du 21e siècle », tel le décrivent les porteurs du projet, dont Jean-Claude Maissen fait partie. 

Au delà des réflexions sociales impliquées dans le projet, Freilager est conçu de manière à répondre à des valeurs écologiques; le projet est notamment récompensé par le prix Lignum 2018 (lauréat Prix Bronze). Pour finir, une attention particulière est portée à la construction de ces logements: trois bâtiments constituant le quartier sont réalisés en bois, prouesse technique très encourageante pour l’architecture.

Le quartier Freilager

Il est question pour la ville de Zurich de venir transformer ce site de manufactures en un réel lieu de vie pour ses futurs habitants, et non pas en une simple cité dortoir, constituée uniquement de logements. C’est afin que les habitants puissent pleinement vivre dans leur quartier que des commerces, structures d’accueil (crèches, etc.) et espaces de détentes extérieurs sont intégrés au projet urbain: « Tout est pensé pour que les locataires ne se contentent pas d’intégrer une cité dortoir, le soir venu, mais bien pour qu’ils prennent possession de leur quartier et y passent une partie de leur temps libre. Il s’agit là de facteurs fondamentaux pour réussir une mixité intéressante du quartier, le rendre vivant et restreindre la fluctuation démographique. » (Jean-Claude Maissen, CEO au Zurcher Freilager AG). 

Cinq espaces distincts, Marktgasse, Langhäuser, Rautitürme, Südhof et Rautiblock, ont été esquissés par différentes équipes d’architectes et composent l’ensemble architectural du site. Ainsi, le nouveau quartier propose des bâtiments aux morphologies et finitions différentes, répondant aux caractéristiques du site initial. Par exemple, les trois tours de douze à treize étages s’élancent dans le ciel pour donner le ton face à la Rautistrasse, axe routier desservant la ville. L’épine dorsale du projet est la variété des espaces ouverts. En ouvrant et en rénovant le complexe d’entrepôts précédemment fermé, de nouveaux espaces publics émergent pour créer un intermédiaire vivant entre la densité urbaine et les quartiers fleuris, intégrant les deux dans la scène urbaine.

Une cour au sud dessert une partie des logements: un accueil calme et reposant est proposé aux habitants

Aux réflexions sociales s’ajoute la question écologique: comment créer un quartier durable à cette échelle? Freilager est une réponse à cette problématique: ce projet d’un millier de logements s’est vu attribué les labels Minergie-ECO et Minergie P-ECO, certifications europpéennes au sujet de la durabilité des constructions. Parmi les différentes caractéristiques du projet, en voici quelques unes qui démontrent cet intérêt environnemental:

– en été, les rejets thermiques produits par un centre de calcul situé à proximité sont stockés grâce à des sondes géothermiques; en hiver, cette chaleur est restituée pour chauffer les logements et fournir l’eau chaude sanitaire.

– le quartier est équipé d’une technologie de réseau intelligent (smartmetering) qui permet aux habitants de consulter et d’analyser leurs consommations d’eau, d’électricité et de chaleur en temps réel. Chacun est sensibilisé à sa propre consommation énergétique et peut, s’il le désire, optimiser cette dernière. 

Vue sur le quartier depuis les potagers voisins

Trois des barres sont conçues presque entièrement en bois, donnant une impulsion nouvelle à l’utilisation de ce matériau en milieu urbain: jusqu’à 100 mètres de long sur 6 étages, pour un total de 187 appartements. La structure des trois bâtiments est entièrement en bois, mise à part des distributions verticales en béton armé qui rigidifient le tout. La stricte répétition de la typologie offre une expression architecturale cohérente. Ici, le bois est nuancé: les panneaux foncés de la façade contrastent avec des coursives aux tons clairs, tandis que des poteaux ronds sont protégés par une lasure (vernis de protection). Les coursives placées devant les façades en sapin indigène assurent une protection efficace contre les intempéries. Ce projet de logement prouve que le bois se présente comme une solution efficace pour une construction dense en zone urbaine. De plus son aspect naturel a un impact positif sur le paysage urbain.

Une facade stricte, en bois

En plus d’un choix de matériau local et vivant, le bois s’est avéré être un atout pour la construction: pour la typologie des plans choisie par l’architecte, la construction d’éléments en bois s’est révélée idéale. Grâce à la répétition (plus de cent fois) des mêmes éléments, la construction bois a été très efficace, tant financièrement que pour la durée de construction.

SOURCES

https://freilager-zuerich.ch

https://www.renggli.swiss/fr/references/lotissement-freilager-zuerich/

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