La Fábrica de Ricardo Bofill

      Longtemps critiqué, l’architecte catalan Ricardo Bofill, est devenu une vraie référence dans le monde de l’architecture. Mais l’une de ses plus belles œuvres reste la rénovation de la cimenterie Samson, devenue aujourd’hui son lieu d’habitation, mais aussi son lieu de travail. Un lieu étonnant où le brutalisme devient romantique. Alors on se demande si Ricardo Bofill est un précurseur de la « mode industrielle » ou un chercheur de mythes ?

 

Ricardo Bofill :

        L’architecte espagnol est connu pour ses nombreuses œuvres aux formes libres et imposantes : l’Espace Abraxas à Noisy-le-Grand, les Arcades du Lac à Montigny-les- Bretonneux, Walden 7 à Barcelone, la Murale Roja, …

       Post-moderniste, l’architecte joue avec les codes et les symboles en proposant une architecture populaire et démesurée.
Fils de l’architecte Guillem Bofill, Ricardo Bofill naît en 1939 à Barcelone. Il grandit sous l’influence de la culture méditerranéenne au sens large. Sa mère est vénitienne, son père est catalan. Il entame ses études à l’École technique supérieure d’architecture de Barcelone aux milieux des années 1950. Il sera plus tard expulsé de l’école pour son engagement politique. Il fait alors partie, avec d’autres intellectuels et artistes espagnols, d’un mouvement politique qui s’est développé à Barcelone : la Gauche Divine. Sous la dictature de Franco, les esprits contradictoires étaient généralement bannis. Il se réfugie donc vers l’école d’architecture de Genève dont il sortira diplômé en 1961.

En 1963, il fonde le « Taller de Arquitectura ». Il réunit des architectes, des ingénieurs, des urbanistes, des sociologues, des écrivains, des cinéastes et des philosophes formant une équipe pluridisciplinaire; prêt à répondre à la complexité de la pratique architecturale. Ils s’inspirent des caractéristiques de l’architecture traditionnelle Catalane, tout en proposant des espaces qui défiaient les normes culturelles, sociales et architecturales de l’époque. Le besoin d’approcher des projets à grande échelle mena le groupe à concevoir une méthodologie pointue mais organique basée sur la formation géométrique des éléments dans l’espace.

         En 1973, Ricardo Bofill tombe sous le charme d’une cimenterie laissée a l’abandon. Il y voit là l’occasion d’accueillir les locaux de « Ricardo Bofill Taller Arquitectura ».

 

L’histoire de la Fábrica :

       La cimenterie Samson a été construite dans le quartier Sant Just de Barcelone au milieu des années 1920. Pionnière dans les techniques modernes d’industrialisation, la fabrique est le modèle de référence dans la production de ciment. Le fils du Roi Alphonse et le dictateur Primo de Rivera saluent alors la productivité élevée et la modernité de cette infrastructure.

         Mais l’usine n’a pas été construite en une fois. Une série d’ajouts a été édifiée au fur et à mesure des besoins de l’usine. Ce processus de construction donne une forme finale atypique et rappelle l’architecture vernaculaire, mais cette fois-ci, appliquée à l’industrie. Au fil des années, le quartier Sant Just s’agrandit. Le bruit, la poussière, l’odeur… L’activité industrielle est en pleine expansion. En 1968, la production se délocalise, laissant en friche la grande bâtisse. La grande machine de la modernité est alors réduite au néant. C’est alors que de l’Empire industriel naît le royaume de l’architecte.

 

 

Sa transformation :

         Des escaliers de béton qui mènent nulle part, des éléments sont suspendus dans le vide, des salles aux proportions démesurées,… Tout cela donne lieu à un endroit surréaliste. L’équipe de Ricardo Bofill commence une destruction partielle à la dynamite et au marteau-pilon qui va durer près d’un an et demi. Leur but est de révéler des formes cachées tel des sculpteurs.

        Ils installent alors leur atelier dans les anciens silos de l’usine sur quatre étages reliés par un escalier en colimaçon.
Quatre kilomètres de galeries souterraines ont été découvertes lors de la rénovation de l’usine. Désormais, on y trouve les archives de l’agence RBTA et l’atelier de maquette. Avec ces dix mètres de hauteur, l’ancien hall de l’usine a été transformé en une salle de conférence et d’exposition.

           Les surfaces légèrement oxydées, les murs en béton brut et la grandeur des espaces préservent l’esthétique industrielle, souvenir de l’utilisation antérieure de la Fábrica.
La phase suivante de la rénovation de l’usine était la plantation. Il fallait un socle vert pour cette dame de béton. Le site, en grande partie recouvert d’herbe, est bordé de groupes d’eucalyptus, de palmiers, d’oliviers, de mimosas et de plantes grimpantes ou suspendues qui enveloppent les murs de béton apparents, conférant au bâtiment cet aspect mystérieux de ruine romantique qui le rend unique et irremplaçable.

La Cimenterie a été transformée, mais restera un chantier perpétuel.

 

 

Bibliographie

  • Sites internet
  • Vidéo

https://www.challenges.fr/videos/visitez-la-fabrica-de-ricardo-bofill_rfzsq0

 

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